Petites scènes de la vie shanghaienne # 3

J’ai du mal à suivre le rythme d’un blog. Je devrais en avoir terminé depuis longtemps avec mes petites scènes shanghaiennes, mais, voilà, j’ai d’autres priorités et je ne suis pas suffisamment geek-blogueur pour m’astreindre à une production régulière de billets.

Je me propose donc de sauter quelques jours. Je reviendrai plus longuement, lorsque je serai dans l’analyse de ce que j’ai rapporté, sur le travail photographique que j’ai entrepris sur Shanghai. Même si la ville m’est de plus en plus familière, il m’a fallu quelques jours de réapprentissage et de réadaptation avant de me sentir vraiment opérationnel sur le plan photographique —à cela il faut rajouter une fatigue inhabituelle due à une rare accumulation de travail depuis des mois (mais faut-il s’en plaindre ..?) qui s’est traduite par une très mauvaise gestion de mon jet lag.
Bien que la priorité ait été la préparation de l’exposition à la galerie Beaugeste, en assurant notamment le suivi de la fabrication des tirages dans l’atelier de Roy Yang (sur du Hahnemulhe Photo Rag 310 que l’on a fait venir spécialement de Hong Kong), j’ai pu voler un peu de temps pour reprendre le fil de mon projet : en commençant par un portrait de Liu Ying Mei, la belle directrice de la galerie 140 sqm, puis en reprenant le fil de mes paysages à la chambre.
Je n’insisterai pas non plus sur les soirées au JZ Club dans Fuxing Xi Lu, avec notamment le trompettiste Érik Truffaz (très inspiré de Miles Davis mais dans une approche plus free) ou le guitar hero Mike Stern et sa gueule de belle gouape à la Mick Jagger (lui aussi passé par le band version électrique de Miles Davis dans les années 70); et j’en arriverai directement au vernissage de l’exposition Fengshui landscape le samedi 7 juin à la galerie Beaugeste.

Erik Truffaz©ThierryGirard2008


Erik Truffaz©ThierryGirard2008

Mike Stern ©ThierryGirard2008

L’idée de Jean Loh est d’essayer de combiner le travail que j’ai fait à Vassivière en m’inspirant de l’esprit du Tao avec quelques photographies issues de Voyage au pays du Réel qui ont un lien possible avec une interprétation géomancienne et philosophique du paysage. Les deux séries sont certes assez différentes sur le plan esthétique —j’aime distinguer ce qui relève d’une esthétique propre aux marches photographiques, et les grands paysages qui, eux, sont plus distanciés—, et pourtant au jeu qui consiste à deviner où c’est ?, je suis étonné de voir le nombre de gens qui, notamment sur la série Vassivière, sont dans une certaine confusion. Sans doute la preuve que le rapprochement n’est pas vain.
Le vernissage qui devait durer tout l’après-midi fut malheureusement perturbé par un déluge biblique. Vers 15h30, le ciel s’est obscurci soudain comme un jour d’apocalypse, et les cieux ont laissé choir leur flot. En quelques minutes, les rues ont été noyées sous dix centimètres d’eau et la ville s’est totalement arrêtée. Le Consul et l’Ambassadeur, qui étaient en route pour venir voir l’exposition, ont du se réfugier en chemin au bar d’un grand hôtel. Ceux qui étaient dans la galerie au moment du déluge sont restés, pour la plupart, en attendant que la pluie baisse d’intensité, mais personne d’autre n’a osé braver les éléments pendant toute la durée de l’orage.
Nous avons patienté en sirotant doucement du vin chinois tout à fait correct.
Du coup, nous avons du prolonger le vernissage au-delà de l’heure prévue, de façon à accueillir quelques fidèles qui tenaient malgré tout à être présents. En ce samedi de mousson, il n’y eut pas, loin s’en faut, le tour habituel des vernissages que j’évoquais dans un billet précédent.

Pendant le déluge…

Les shikoumens de Tai Cang Lu sous l’orage.

Éric Mannaerts et Alice.

Un cadeau du calligraphe Shen Tong pour Jean Loh : l’idéogramme “Esprit“, sur un magnifique papier fabriqué spécialement pour lui et rehaussé de fils d’or.

Avec Shen Tong qui m’avait fait, lors de mon voyage précédent, mon très beau sceau chinois.

La belle Adrienne…

My beautiful fan club : Louisa, Adrienne, Sissy.


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