Tian’Anmen, et demain…

Les analyses et les rappels historiques n’ont pas manqué concernant l’émergence du «Printemps de Pékin» et son issue tragique. Dans les journaux, les magazines, un peu partout sur la Toile. Malheureusement, les Chinois, eux, n’ont guère pu célébrer cet anniversaire douloureux, même s’il y a toujours le moyen —risqué certes— de contourner  la censure et les pinces des “crabes de rivière“ (c’est le surnom qu’on donne aux censeurs par homonymie des termes chinois). Censure qui semble, à l’occasion de cette commémoration, particulièrement vigilante, contrôlant toute la blogosphère et verrouillant encore plus que d’habitude les accès au Web 2.0. À moins d’être allé à HongKong et de s’être mêlé aux 150 000 personnes qui ont participé à la veillée commémorative du 4 juin.


Tian'Anmen © Thierry Girard 2001[ Place Tian’Anmen, 18 avril 2001 © Thierry Girard.

À quelques jours de l’ouverture du congrès annuel du PCC, encadrés de policiers en civil, des mingong nettoient, raclent et récurent la place de toutes les traces, tâches et restes de chewing-gums qui pourraient s’y trouver. Les drapeaux rouges claquent au vent. J’ai pris cette photo en pensant évidemment au “nettoyage“ du 4 juin 1989.]


Deux ou trois compléments d’information cependant, sur des faits que je n’ai pas vu mentionnés dans la presse et qui m’ont été notamment rapportés par des membres du personnel diplomatique qui étaient alors en poste à Pékin : cette revendication démocratique, surgie au lendemain de la mort de Hu Yaobang, l’ancien secrétaire général du Parti communiste chinois, purgé deux ans auparavant pour “réformisme“, s’est certes incarnée dans le mouvement étudiant, mais elle n’a pas concerné que la seule jeunesse pékinoise et ses professeurs. Pendant les longues semaines qui ont précédé le “nettoyage final“ de la place Tian’Anmen, les étudiants ont bénéficié du soutien d’une grande partie —et on peut même dire de la majorité— de la population de Pékin, habituée depuis longtemps à différentes formes de résistance passive vis-à-vis du régime et de ses mots d’ordre ; résistance qui a même été plutôt active lorsqu’il s’est agi de gêner l’entrée des premières troupes dans Pékin, puis, après le 4 juin, d’affronter directement l’armée en divers endroits de la capitale. Il ne faut pas oublier non plus que de très nombreuses usines étaient alors en grève, dans le centre de Pékin et dans sa périphérie, et que l’extension de cette partie ouvrière du mouvement fut sans doute un des motifs d’inquiétude, non-officiel mais réel, des dirigeants chinois. Il faut d’ailleurs vraisemblablement ajouter aux morts et emprisonnés de Tian’Anmen, la liste très anonyme de ceux qui ont pâti de la répression sévère qui s’en est ensuivie dans les usines après le 4 juin. Et là, il n’y avait aucun témoin extérieur.
Il ne faut pas non plus oublier qu’à Shanghai, Chengdu, Nanjing et dans plusieurs villes chinoises, les émeutes qui ont suivi le 4 juin ont été sévèrement réprimées, chacune faisant plusieurs dizaines de morts. La répression s’est alors abattue sur la Chine toute entière.


Shan Zhou, Henan © Thierry Girard, 2003[Statue de Mao Zedong, Shan Zhou, Henan, 2001 © Thierry Girard ]


De très nombreux articles s’interrogent sur l’impact de cet événement sur la jeunesse chinoise aujourd’hui, et au-delà, sur la capacité revendicative de cette même jeunesse, en s’inquiétant de son apparente passivité, de son relatif conformisme, et de son souci de privilégier carrière, bien-être et confort matériel aux grands principes et aux idéaux.
Deux commentaires : le contexte de l’époque était celui de la glasnot en Urss et de la contestation grandissante de la dictature soviétique un peu partout en Europe, période qui allait culminer avec la chute du Mur en novembre 1989. Les étudiants chinois sont certes à l’unisson de cet état d’esprit général, mais, dans un premier temps, ils ne demandent rien d’autre que l’ouverture et la libéralisation du PCC. La majorité d’entre eux ne revendiquent ni une démocratie à l’occidentale ni le pluripartisme, et la fameuse statue de la démocratie, sur laquelle se focalisera toute la haine du régime et qui servira de prétexte à l’intervention armée, ne sera érigée place de la porte du Ciel (Tian’Anmen) que le 30 mai, à un moment où la rupture est désormais consommée entre les étudiants et le pouvoir. Le PCC est lui-même divisé entre “perestroïkistes“ et conservateurs. Le renversement du rapport de forces entre les réformistes menés par Zhao Ziyiang,
le secrétaire général du Parti, et les conservateurs menés par Li Peng, le premier ministre, est du à la “trahison“ des premiers par Deng Xiao Ping qui incarne depuis le début des années 80 une sorte d’ouverture par la réforme économique. Mais le souci des conservateurs est avant tout de conserver le pouvoir : même l’assouplissement du système dans un cadre qui reste celui du parti unique semble de trop pour les dirigeants chinois qui savent bien que cette brèche peut faire s’écrouler  le colosse. Et vu ce qui est arrivé à Gorbachev et à l’Urss, l’Histoire leur a paradoxalement et malheureusement donné raison.
Aujourd’hui, au fond, la situation est la même : le PCC peut-il se réformer de l’intérieur et les “démocrates“ peuvent-ils s’y faire entendre ? J’en doute, car la crainte des dirigeants est très précise et reste la même : que les digues cèdent devant un processus de libéralisation qui deviendrait incontrôlable et emporterait le Parti dans la tourmente. Les dirigeants actuels considèrent en outre que seul le PCC est le garant de l’unité territoriale chinoise, ce qui est vraiment un élément fondamental pour apprécier l’évolution possible des choses. Cette question de l’unité, sous-tendue par un nationalisme à fleur de peau, est essentielle (d’où la répression actuelle au Tibet ou dans d’autres limites du territoire, et la question toujours pendante de Taiwan).

Cela dit, pour apprécier l’état de la population chinoise et ses sentiments, c’est aller vite en besogne que d’évoquer avec trop de certitude la régression du désir démocratique et l’endormissement, l’anesthésie de la population qui se laisserait bercer dans les bras du confort matériel soudain advenu. Certes, les étudiants de 89 n’avaient ni le confort, ni la liberté ; ceux d’aujourd’hui ont le confort ou la promesse d’y accéder, et disposent des colifichets de la liberté : on peut acheter ce qu’on veut, vivre à peu près sa vie personnelle comme on veut si on évite les provocations, se déplacer globalement à l’intérieur du pays sans problèmes, et il est de plus en plus facile, pour les ressortissants chinois d’aller à l’étranger (études, travail, voyages de groupe…). Sauf dissidence affichée, la vie en Chine ne commence vraiment à devenir plus compliquée que lorsqu’on exprime à travers des livres, des films, des blogs, des œuvres d’art etc., des propos qui peuvent “nuire“ à l’unité nationale, qui sont hostiles à la prééminence du parti, ou qui touchent à des sujets sensibles : corruption, sida, drogue, homosexualité etc.
Mais, là aussi, comme tout phénomène de censure, rien n’est automatique : tout dépend de la personne, du moment —du contexte intérieur et extérieur—, et de l’appréciation par la censure de la charge critique émise par l’œuvre en question etc… Les livres de Mian Mian par exemple (Les Bonbons chinois), où l’on se drogue beaucoup et où l’on fornique pas mal, sont publiés et lus en Chine sans problème parce qu’ils ne critiquent pas directement le système. Les artistes, les intellectuels, les écrivains jouent avec la porosité du système. Lou Ye, qui a été récemment primé à Cannes pour son film Nuit d’ivresse printanière, avait été interdit de tournage en Chine après son film précédent, Une Jeunesse chinoise, qui évoquait justement une histoire d’amour au cœur des événements de 89. Malgré cette interdiction, il a pu tourner, avec une petite caméra au poing, sans aide et sans autorisation, un film qui traite d’un autre sujet sensible, l’homosexualité, film qui ne sera vraisemblablement pas présenté en Chine, même si on sait que tous les films, même ceux qui sont interdits, circulent sous le manteau en Dvd à travers toute la Chine.
Pour les livres, le régime utilise désormais plus souvent la pression sur les éditeurs, et, si cela ne s’avère pas suffisamment dissuasif, la saisie de l’ouvrage après publication plutôt que l’interdiction totale et préalable. Ce qui fait que les livres peuvent tout de même exister, être traduits à l’étranger, et revenir en Chine en passant par HongKong ou Taiwan par exemple. Un écrivain comme Yan Lianke, dont les deux derniers livres, Servir le peuple et Le Rêve du village des Ding (qui traite du scandale du sang contaminé et du sida dans les villages du Henan) ont été interdits en Chine, peut continuer à s’exprimer et à écrire, même si ce n’est pas simple. Il a été renvoyé en 2004 de l’armée, son corps d’origine, et son lectorat est aujourd’hui pour l’essentiel en Occident. Dans une interview de 2007, il raconte que son souhait le plus cher n’est pas de faire des compromis pour être publié normalement, mais de pouvoir « dire la vérité » et « garder la profondeur de la pensée » tout en essayant de convaincre les éditeurs et le gouvernement de la nécessité d’avoir comme premier lecteur, un lecteur chinois. Dans une autre interview donnée à Rue89 en août 2008, pendant les Jeux Olympiques , Yan résume la situation de la manière suivante :
« Deux mois avant les Jeux, j’ai publié un essai de réflexion sur le rôle des intellectuels chinois. J’ai été attaqué par les pontes de Beida [la grande université de Pékin, ndlr], et lorsque l’hebdomadaire Nanfang Zhomou a publié une page sur mon livre, le gouvernement a ordonné qu’on n’en parle plus.
Je critiquais le silence et l’inaction des intellectuels qui se disent : ‘il n’y a pas moyen d’agir, dès lors on n’agit pas… Et ils cherchent tous à s’intégrer dans le système. Les intellectuels sont victimes à la fois de l’attrait du marketing et de la répression politique.
Il n’y a pas de pensée indépendante en Chine. Les écrivains sont dans le système, et donc il n’y a pas besoin de censure visible, ils savent tous où sont les limites, c’est une censure invisible… Ça ne va pas changer après les JO.
La différence par rapport à l’époque de Mao, c’est évident qu’on nous laisse publier aujourd’hui, et que le contrôle s’effectue après. Il y a une technique d’étouffement très efficace, mais c’est un progrès incontestable par rapport à avant ».

De fait,  le PCC est bien obligé de compter avec une société civile et intellectuelle qui ne cesse de le harceler et contre laquelle il ne peut évidemment plus réagir de manière totalement arbitraire, à la façon nord-coréenne, ou comme pendant les années Mao.
Certes, je lis dans tel article que 8% des étudiants actuels seraient membres du PCC contre 1% des étudiants en 1989, ce qui signifierait une plus grande adhésion des élites ou des futures élites au régime (!?) —encore faudrait-il savoir d’où viennent ces chiffres (des autorités chinoises elles-mêmes ?) et qui les a vérifiés. Je lis aussi des interviews d’étudiants qui reprennent le discours officiel sur les événements de 89, à savoir que l’issue du conflit n’est devenue tragique que par la faute des étudiants extrémistes qui n’auraient pas accepté de reconnaître leur défaite politique. D’autres, plus nombreux, éludent la question en affirmant ne pas s’intéresser à la politique… Soit. On peut interviewer qui l’on veut et son contraire. J’ai le sentiment qu’on veut parfois trop vite prouver qu’il n’y a rien à espérer de la jeunesse chinoise. Certes, le PCC trouve encore des soutiens dans des couches nombreuses et diverses de la société chinoise, mais ce sont souvent des soutiens, même chez les artistes et les intellectuels, qui sont des soutiens par défaut, des soutiens de confort et de tranquillité et non pas de vrais soutiens idéologiques. En fait, l’immense majorité des Chinois, ne se voulant ni dupe, ni complice, se réfugie dans une fausse indifférence ou le silence, faute de pouvoir exprimer une réelle opinion. Enseignement univoque, propagande des médias, défaut d’information sur la réalité des faits, crainte légitime, rien ne facilite l’expression d’une pensée critique. Et puis comme toujours, comme le souligne Yan Lianke, il y a l’attirance pour la proximité du Pouvoir, ses prébendes et ses facilités. Et pourtant, s’il advenait aujourd’hui, par je ne sais quel hasard de l’Histoire, un semblant d’ouverture politique, je crois que nous serions surpris de voir combien les langues, les idées et l’enthousiasme se délieraient vite fait, avec sans doute des retournements de veste rapides, à l’image de ce qui s’est passé en Europe à la fin ou après la Guerre, puis au moment de la chute du communisme. C’est la loi humaine.
Mais c’est oublier aussi les émeutes récurrentes au fond des campagnes ou dans les petites villes ouvrières, surtout depuis que les mingong, ces travailleurs “errants“ venus des provinces les plus pauvres ont été renvoyés des grandes villes pour cause de crise économique ; c’est oublier les émeutes étudiantes à Zhenzhou, capitale du Henan, en 2007 ; c’est oublier la force d’internet et des blogs pour dénoncer la corruption des entrepreneurs et des responsables politiques locaux après le tremblement de terre du Sichuan, pour demander justice après l’assassinat d’une jeune fille par le fils d’un potentat local dans le Guizhou, pour soulever le scandale des esclaves des mines du Shanxi ou celui du lait contaminé ! Il y a en Chine une vraie vie citoyenne parallèle qui ne cesse de jouer au chat et à la souris avec les censures et les restrictions de toutes sortes ; et cela rend encore plus passionnant le travail de ceux qui, sans pour autant avoir l’étiquette de “dissidents“, s’engagent aujourd’hui dans un long travail de sape de la pensée momifiée du Grand Timonier et de ses avatars contemporains.

Shan Zhou, Henan © Thierry Girard, 2003.[Panneau de propagande vantant l’ère nouvelle et la ville qui va avec. Portrait de Jian Zeming, Shan Zhou, Henan , 2003 © Thierry Girard.
Jian Zeming succède à Zhao Ziyang comme secrétaire général du PCC après les événements de 1989. Il incarne et suit fidèlement la ligne idéologique de Deng Xiao Ping : réforme économique, développement industriel et absence de libéralisation politique.

Dans cette photo, le punctum, c’est l’air martial du petit garçon…]


Le roman de Yan Lianke, Servir le peuple, s’ouvre sur la déclaration liminaire suivante :
« Souvent, c’est sous une forme de roman qu’il faut exprimer la réalité car, parfois, ce n’est qu’en empruntant la passerelle de la fiction que la réalité peut pénétrer dans un monde tangible.
Tout événement peut être à la fois un événement de roman et un événement de la réalité.
On peut dire que la vie a rejoué la fiction Servir le peuple ».


On peut lire un résumé du livre dans une chronique publiée par Le Temps en Suisse. Il s’agit vraiment d’un livre iconoclaste au sens précis du terme car, non seulement le slogan Servir le peuple —qui est un des slogans phares de la Révolution culturelle — est détourné de sa signification originelle et ridiculisé ; mais surtout parce que le lien amoureux et sexuel entre le jeune soldat —irréprochable de sainteté maoïste— et la femme du colonel culmine dans une scène orgiaque et hystérique où plaisir et affranchissement s’expriment dans une sorte de défi réciproque entre les deux amants qui les conduit à briser toutes les icônes maoïstes qui les entourent pour atteindre l’orgasme absolu et se prouver l’un à l’autre leur amour indéfectible.

Affiche Révo Culturelle tous droits réservés.DR[Affiche de la Révolution culturelle. Courtesy collection Claude Hudelot.

Le roman de Yan Lianke se situe pendant la Révolution culturelle. Sur cette affiche, un garde rouge brandit une des œuvres du président Mao, De la pratique, un traîté théorique plutôt abscons. En bas de l’affiche, il est marqué : Défendre la Révolution jusqu’à perdre haleine. ]

« Elle se leva soudain, regarda le portrait du président Mao fixé au mur, se précipita vers lui, l’arracha, le déchira en petits morceaux qu’elle jeta sur le sol et foula sauvagement aux pieds en criant :
— Tu me crois maintenant ? Si tu ne me crois pas, tu peux me dénoncer à la garde ! Nous sommes tous les deux des activistes qui connaissent par cœur les œuvres du président Mao. Nous avons tous les deux détruit une effigie du président Mao. Peu importe qui dénonce qui ! Nous sommes tous les deux des contre-révolutionnaires. Toi, tu as fait tomber une statue en plâtre du président Mao sans le faire exprès. Moi, j’ai délibérément déchiré et réduit en miettes un portrait du président Mao. Je suis un très grand élément contre-révolutionnaire. Alors, Wu Dawang, maintenant, tu me crois quand je t’affirme que je te garderai dans mon cœur toute ma vie ?
Elle avait débité ce discours très vite. Regardant Wu Dawang, elle s ‘aperçut qu’il était livide. Il était évident qu’il croyait à sa déclaration d’amour et qu’il était bouleversé qu’elle n’ait pas hésité à se proclamer « très grand élément contre-révolutionnaire ». Alors, pour prouver qu’il l’aimait plus qu’elle ne l’aimait, il se retourna et arracha les citations du président Mao accrochées au mur derrière la cuvette et en fit une boule qu’il jeta sur le sol et piétina en criant :
— Je suis un élément contre-révolutionnaire « tout spécialement grand » qui mérite d’être fusillé deux fois !
Regardant autour d’elle, elle avisa sur le bureau le livre à couverture rouge, les Œuvres choisies du président Mao Zedong. Elle fit un pas, saisit le trésor sacré, arracha la couverture, la jeta par terre et entreprit d’en déchirer les pages, une par une, avant de les froisser en boules dans sa main. Quand il ne resta que la page de garde portant la photo du président Mao, elle l’arracha à son tout, en fit une boule, la jeta par terre et la piétina en regardant Wu Dawang dans les yeux et en criant :
— Alors, finalement, de nous deux, lequel est le plus réactionnaire ?
Il ne répondit pas mais se précipita hors de la chambre vers l’escalier. Le mur était orné d’une photo encadrée représentant Lin Biao  aux côtés du président Mao, au bas de laquelle était écrite en caractères de couleur une citation du Grand Timonier. Il décrocha le cadre, le jeta par terre et se baissa pour gratter férocement avec ses ongles les yeux de ces deux grands hommes qui, en un instant, devinrent quatre trous noirs. Il se redressa et se tourna en direction de la chambre pour lancer un défi :
— Grande sœur Liu, es-tu capable de faire mieux ?
Elle sortit à son tour de la chambre en ne prononçant qu’un seul mot :
— Oui ! ».

Yan Lianke, Servir le peuple, pp 121 à 123.

[ Repères bibliographiques :
Yan Lianke : Servir le peuple, traduction de Claude Payen, éditions Picquier, 2006.
Yan Lianke : Le Rêve du village des Ding,
traduction de Claude Payen, éditions Picquier, 2007.
Mian Mian : Les Bonbons chinois, éditions de l’Olivier, 2001.]

Autre hommage décalé, celui que le blog du New Yorker rend à travers les photos de Solange Brand prises… en 1966, à l’aube de la Révolution culturelle. Solange Brand qui fut longtemps iconographe et directrice artistique au Monde diplomatique a ressorti ces photographies quarante ans après, en a fait un très beau livre aux éditions l’Œil électrique et les a exposées récemment  à la galerie Beaugeste à Shanghai.

Sur le blog, Mots d’images, de Béat Brüsch, l’évocation et l’analyse de cette image emblématique de la répression de juin 89, l’image de cet homme seul face à une colonne de chars, ici.


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