Berezinsky, une réserve biélorusse.

Forêt primaire de Berezinsky, 24 mai 2014 © Thierry Girard

Forêt primaire de Berezinsky, 24 mai 2014 © Thierry Girard

La réserve de la Biosphère de Berezinsky est à l’origine une réserve de chasse nationale créée en 1925 —on fête donc ses 90 ans cette année. Elle devient en 1959 une réserve naturelle puis en 1979 une réserve de la Biosphère, chaque nouvelle étape générant de fait un ensemble de contraintes supplémentaires qui visent à assurer la préservation d’un milieu naturel exceptionnel par sa biodiversité : interdiction de la chasse, de la pêche ou de l’exploitation forestière sur toute la partie strictement biosphère, et restriction des activités agricoles. Le territoire se compose d’une tourbière remarquable par sa taille et sa richesse écologique, et d’une forêt primaire tachetée de lacs et traversée par la rivière Bérézina qui serpente sur plus de 90 km, d’une limite à l’autre de la réserve.

On y trouve des loups, des lynx, des bisons et des ours (35 des 80 ours présents en Biélorussie sont sur la réserve) ainsi qu’une multitude d’oiseaux de toutes espèces… Et tout un peuple de castors qui érigent avec frénésie leurs étranges constructions sur les berges des étangs, ou barrent avec délices les ruisseaux qui se perdent dans les forêts marécageuses.
Par contre, il y a de moins en moins d’humains : on compte à peine 1500 habitants sur un territoire immense (la réserve de la biosphère fait 850 km2), répartis sur une quinzaine de hameaux et villages. Ceux qui restent sont essentiellement des vieux auxquels se mêlent quelques actifs (gardiens, forestiers) qui travaillent pour la réserve.

L’administration est regroupée dans un village moderne où vivent en “autarcie“ la plupart des cadres, des scientifiques et des techniciens de la réserve.

Dans le cadre de la coopération qui existe depuis vingt ans entre le Parc naturel régional des Vosges du Nord et la réserve de la biosphère de Berezinski, j’ai été invité à effectuer une résidence d’artiste en mai 2014. Huit jours de travail où l’on m’a conduit de village en village et fait traverser les forêts les plus profondes.

 

Ludmilla, village de Valova Gora, 23 mai 2014 © Thierry Girard

Ludmilla, village de Valova Gora, 23 mai 2014 © Thierry Girard

Intérieur,  village de Valova Gora, 23 mai 2014 © Thierry Girard

Intérieur, village de Valova Gora, 23 mai 2014 © Thierry Girard

Anastasia, Alelkander, Karine et Valentina (de g. à d.), un weekend à la datcha, village de Valova Gora, 23 mai 2015 © Thierry Girard

Anastasia, Alekander, Karina et Valentina (de g. à d.), un weekend à la datcha, village de Valova Gora, 23 mai 2014 © Thierry Girard

Village de Kvetcha, 23 mai 2014.

Au terme de cette première journée de travail, nous faisons une halte au bord de la Bérézina. La rivière serpentine fait ici un coude qui enserre une belle prairie parsemée de boutons d’or et de fleurs de chardon —celles qui se dispersent au moindre souffle. Nous sommes à la limite sud de la réserve. C’est comme un bout du monde avec un petit pont étroit qui passe au-dessus de la rivière ; une barrière pour contrôler le passage d’un chemin de terre sur lequel peu de gens s’engagent ; une guérite avec un siège défoncé, un gardien encombré d’un uniforme crasseux et trop grand pour lui. Il vit dans le village proche de Kvetcha avec son frère qui travaille lui aussi pour la réserve. Ce sont de vieux célibataires.

L’homme répond sobrement à nos questions. Il refuse gentiment, avec un petit sourire, de se laisser photographier. Je me dis que c’est juste de la timidité. Je prolonge la conversation et retente ma chance. Une fois, deux fois, trois fois… Je n’insiste pas. Avec Alena, nous essayons d’imaginer sa vie de solitude, jour après jour, année après année, entre la canne à pêche qui pendouille au pied du pont et la guérite où doit bien se cacher une bouteille de vodka…

Au bord de la Bérézina, Kvetcha, 23 mai 2014 © Thierry Girard

Au bord de la Bérézina, Kvetcha, 23 mai 2014 © Thierry Girard

Le marécage en lisière du hameau, Kvetcha, 23 mai 2014 © Thierry Girard

Le marécage en lisière du hameau, Kvetcha, 23 mai 2014 © Thierry Girard

Ivan et Ksenija, village de  Domzhericy,  24 mai 2014 © Thierry Girard

Ivan et Ksenija A., village de Domzhericy, 24 mai 2014 © Thierry Girard

Taisija et Aleksandra, village de Perekhodcy, 24 mai 2014 © Thierry Girard

Taisija A. et Aleksandra A., village de Perekhodcy, 24 mai 2014 © Thierry Girard

Intérieur, village de Perekhodcy, 24 mai 2014 © Thierry Girard

Intérieur, village de Perekhodcy, 24 mai 2014 © Thierry Girard


Village de Sloboda, 26 mai 2014.

L’ancien directeur du collège et sa femme nous invitent à partager quelques mets alors que l’heure du repas est déjà bien dépassée. Mais l’excellent saucisson fait maison et le “cognac“ biélorusse facilitent la conversation et scellent l’amitié entre les Peuples…

Stanislas Ansilewski a été professeur de chimie puis directeur du collège, ici à Sloboda. Dans ses années les plus fastes, l’établissement a compté jusqu’à 250 élèves pour une population, dans le village, qui s’élevait alors à 410 habitants. Les élèves venaient de tous les autres villages et des hameaux perdus dans la forêt alentour. L’école primaire et le collège ont été fermés il y a 20 ans : la population globale n’avait cessé de décroître depuis des décennies et ce qu’il restait d’élèves a été envoyé à Lepel, une petite ville juste à la limite de la réserve. A Sloboda aujourd’hui, il reste moins de 60 habitants. Les enfants et les petits-enfants des anciens qui sont restés au village reviennent le weekend, surtout à la belle saison lorsqu’on ouvre les datchas fermées tout l’hiver et qu’on revient travailler le jardin. L’hiver, lorsqu’il neige abondamment, ou l’automne, lorsque les chemins sont détrempés par les fortes pluies, certains hameaux peuvent être isolés pendant plusieurs jours.

L’ancien collège se trouve en face de la maison de Stanislas, derrière un rideau d’arbres, juste de l’autre côté de la route. Il n’est plus que ruines. Je m’interroge sur l’état du bâtiment. On me répond qu’aucune autorité n’ayant pu décider soit de le conserver pour l’utiliser autrement, soit de le détruire, les choses sont parties à vau-l’eau et chacun s’est servi qui de pierres, qui de briques, qui de matériaux divers. Il reste simplement, au bout d’un bâtiment, un magasin où il n’y a presque rien à vendre, juste du petit dépannage et une vendeuse revêche…

Je demande à Stanislas et à sa femme, qui est une bonne vivante au sourire généreux, quel était le rapport des gens à la religion pendant la période soviétique. Ils me répondent que beaucoup de gens avaient gardé la foi, mais qu’ils pratiquaient en cachette et qu’il ne fallait surtout pas montrer les icônes que l’on gardait précieusement au fond d’un placard ou dans les greniers. Ils continuaient de baptiser les enfants, même eux qui étaient professeurs et qui étaient censés transmettre la bonne parole officielle ! Aujourd’hui, il n’y a toujours pas d’églises dans ces villages trop pauvres pour les bâtir. Il faut aller à Lepel, à 20 km d’ici pour trouver la première église orthodoxe. Presque partout, ce sont les habitants eux-mêmes qui rénovent, avec leurs propres deniers, les lieux de culte : à Zembin, c’est l’église orthodoxe, à Borisov, c’est l’église catholique…

 

En lisière de la grande tourbière, 26 mai 2014 © Thierry Girard

En lisière de la grande tourbière, 26 mai 2014 © Thierry Girard


Village de Sloboda, 27 mai 2014.

L’homme doit avoir 85 ans et sa femme 75. Il se présente comme ancien forestier, mais aussi vétérinaire, du moins c’est ainsi qu’Anastasia me traduit. En fait, je comprends surtout qu’il aime les chevaux et qu’il savait les soigner. Il avait appris ça de son père et au moment de la guerre et les Allemands ont vite remarqué ce jeune garçon, alors âgé de 12 ans, qui aimait s’occuper des chevaux. Les soldats allemands lui avaient promis de l’envoyer plus tard en Allemagne faire des études… Il n’ira qu’en Autriche, après la guerre, enrôlé dans l’armée d’occupation soviétique ! Je lui demande comment c’était : « La discipline, me dit-il, trop de discipline ! Mais j’ai pu faire du ski ! ». L’homme est bavard, mais je sens que ses propos gênent ma traductrice qui ne me rapporte pas tout. Je comprends cependant que son père était en fait germanophile et vraisemblablement germanophone puisqu’il avait épousé en premières noces une allemande rencontrée dans un camp de prisonniers pendant la guerre de 14. Cette première femme était décédée peu après, mais le père devait avoir gardé quelque penchant pour les Germains. Sa femme, un peu taiseuse, abonde régulièrement dans son sens. Lorsque je demande s’il y avait beaucoup de Partisans ici, dans la forêt autour du village, elle répond sèchement, avec un visage fermé : « Oui, il y avait des Partisans ! ». Point barre.

Au moment de partir, elle me pose un baiser puissant sur la bouche, comme pour me remercier de leur avoir permis de parler ainsi…

 

Petr et Sophia, village de Sloboda, 27 mai 2014 © Thierry Girard

Petr Y. et Sophia Y., village de Sloboda, 27 mai 2014 © Thierry Girard

Village de Besala, 27 mai 2014 © Thierry Girard

Village de Beseda, 27 mai 2014 © Thierry Girard

Brouko L., village de Besala, 27 mai 2014 © Thierry Girard

Brouko L., village de Beseda, 27 mai 2014 © Thierry Girard

Sophia Y. et Aleksander Y., village e de Zahlovie, 27 mai 2014 © Thierry Girard

Sophia Y. et Aleksander Y., village de Zah’lovie, 27 mai 2014 © Thierry Girard

Village de Lipniki, 27 mai 2014 © Thierry Girard

Village de Lipniki, 27 mai 2014 © Thierry Girard

28 mai 2014

Vadim, le second chauffeur, qui est aussi un technicien travaillant au département scientifique, m’emmène de très bonne heure aux abords de la grande tourbière. Les moustiques ne sont pas encore réveillés, et le soleil non plus. La lumière sourde, diffuse, se prête plutôt bien au noir et blanc, surtout lorsqu’il s’agit de photographier des arbres que l’acidité de la tourbière a fini par ruiner.

En lisière de la grande tourbière, 28 mai 2014 © Thierry Girard

En lisière de la grande tourbière, 28 mai 2014 © Thierry Girard

En lisière de la grande tourbière, 28 mai 2014 © Thierry Girard

En lisière de la grande tourbière, 28 mai 2014 © Thierry Girard


29 mai 2015

On trouve un peu partout, aux abords des villages ou au cœur de la forêt, des monuments qui rappellent le combat des Partisans, nombreux dans cette zone difficile d’accès où la connaissance du terrain l’emporte sur toute autre considération. Dans la zone “interdite“ de Postrezhie, qui est la zone la plus sensible et la plus protégée de la réserve, un héros de bronze surgit soudain au détour du chemin. Il n’y a ici qu’un emmêlement de forêt et de tourbière, et j’ai peine à imaginer que des hommes aient pu vivre ainsi cachés durant des mois et des années. Lorsque la résistance a commencé à s’organiser, les Allemands ont brûlé presque tous les villages, les hommes sont partis se réfugier dans la forêt, laissant les femmes et les enfants à la merci des représailles. Dans une autre partie très reculée de la forêt, à un endroit où il ne reste aucun vestige, une simple stèle rappelle qu’ici neuf personnes, la plus jeune étant un enfant de 7 ans, ont été enfermées et brûlées vives dans leurs maisons.

Nicolaj, mon chauffeur, m’assure que la maison de sa grand-mère, dans le village de Perekhodcy, est la seule qui n’ait pas brûlé pendant la guerre. La maison est située à l’extrémité du village et l’incendie se serait arrêté juste avant.

Il faudrait pouvoir démêler les fils de l’Histoire pour établir la part de vérité entre l’Histoire officielle et l’Histoire réelle, entre les souvenirs de ce jeune palefrenier fasciné par les Allemands, les atrocités commises par ces mêmes Allemands et les vraisemblables règlements de compte entre Biélorusses qui ont du se produire après la guerre. Mais c’est là un autre travail qui nécessite sans doute une longue enquête.

 

Monument dans la zone de Postrezhie, 29 mai 2014 © Thierry Girard

Monument dans la zone de Postrezhie, 29 mai 2014 © Thierry Girard

Dans la zone de Postrezhie, 29 mai 2014 © Thierry Girard

Dans la zone de Postrezhie, 29 mai 2014 © Thierry Girard

 

Zone de Postrezhie, 29 mai 2014 © Thierry Girard

Zone de Postrezhie, 29 mai 2014 © Thierry Girard

Zone de Postrezhie, 29 mai 2014 © Thierry Girard

Zone de Postrezhie, 29 mai 2014 © Thierry Girard

Leonid Y., village de Krajcy, Monument dans la zone de petrozhie, En lisière de la grande tourbière, 29 mai 2014 © Thierry Girard

Leonid Y., village de Krajcy, 29 mai 2014 © Thierry Girard

Village de Krajcy, 29 mai 2014 © Thierry Girard

Village de Krajcy, 29 mai 2014 © Thierry Girard

Viktoria B., village de Krajcy, 29 mai 2014 © Thierry Girard

Viktoria B., village de Krajcy, 29 mai 2014 © Thierry Girard


30 mai 2014.

Je suis accompagné aujourd’hui par Alexander, un scientifique éminent, spécialiste mondialement reconnu de la punaise ! Sur les 40 000 espèces de punaises recensées dans le monde, il en possède près de 5000 qui sont classées, et 3 à 4000 qui sont en vrac ! Il a pu réunir et collectionner (pour avoir beaucoup voyagé) des punaises du monde entier : il lui manque seulement des punaises d’Australie et de Polynésie. Je lui demande : « Pourquoi les punaises ? ». Il me répond que pendant ses études, il voyait ses camarades se précipiter vers l’étude des papillons ou des espèces d’insectes plus honorables que les punaises, et que finalement il s’est pris d’intérêt et d’affection pour cet insecte méprisé dont personne ne voulait et dont il m’assure qu’il est très important dans l’équilibre de notre biodiversité. Il passe d’ailleurs son temps à recueillir des insectes, armé d’un filet à papillons qu’il manie d’un geste à la fois vif et délicat en fouettant les hautes herbes. Il examine chaque prise attentivement en scrutant le fond du filet et aspire délicatement avec un tuyau ad hoc les insectes qui l’intéressent pour les resouffler dans des tubes sans qu’ils aient pu être abimés par quelque manipulation. Il espère chaque jour trouver une nouvelle punaise qui soit son Saint Graal… Jusqu’à présent, il a recensé 356 espèces de punaises sur le seul territoire de Berezinski. Certaines bien sûr portent son nom. Je m’amuse de voir ce bon géant en treillis avancer devant moi avec son filet à papillons comme un enfant heureux par la nature…

Pause-déjeuner au bord de la Bérézina. Nicolaj, le chauffeur, et Aleksander ont amené un pique-nique d’hommes : pas de tomates, de salade ou de fruits comme les jours précédents avec les filles… Non ! Du bon saucisson de Cracovie, des œufs durs, du pain épais fait à la maison tout comme les saucisses grillées dans l’âtre. Et de la bière pour moi et Aleksander ! Nicolaj ne boit pas, tolérance zéro pour les conducteurs en Biélorussie !

Au bord de la Bérézina, 30 mai 2014 © Thierry Girard

Au bord de la Bérézina, 30 mai 2014 © Thierry Girard

Forêt de Berezinsky, 30 mai 2014 © Thierry Girard

Forêt de Berezinsky, 30 mai 2014 © Thierry Girard

31 mai 2014

Youry est un autre scientifique de la réserve. Il est ornithologue. Son domaine, c’est le recensement et le comptage des oiseaux, par espèces, par zones, par types d’habitat, par saisons. Il est moins loquace que mon bon ours de la veille, mais très attentif et serviable, avec un bon anglais scientifique.

Il a une mission précise : comme hier avec Alexander, me faire faire le tour des paysages auxquels j’ai échappé jusqu’à présent, alors que j’ai plutôt jeté mon dévolu sur les gens, au grand dam sans doute des responsables de la réserve qui pensaient que j’étais d’abord un spécialiste des paysages de nature… Mais voilà, je suis arrivé trop tard dans la saison (le printemps est très court ici) et je ne sais quoi faire de ce monde déjà trop vert et trop enfermé dans les feuillages. J’aimerais revenir en hiver sous la neige, ou à l’automne… Et puis, faut-il l’avouer, mon désir secret était avant tout de pouvoir photographier les quelques « indiens » qui vivent encore en ces lieux, et je n’ai pas été déçu, même si les journées m’ont semblé parfois trop courtes, et le séjour aussi. Alena et Anastasia ont été les complices de mon périple «  par les villages », même si elles m’ont emmené aussi vers les paysages profonds, et notamment ceux de Postrozhie, une sorte de no go zone où l’on ne peut pénétrer sans une autorisation spéciale de la direction du parc. Alexander et Youry me ramènent donc dans le droit chemin, celui qui va vers le bog, la grande tourbière, et ces forêts primaires interminables dont je finis par me demander à un moment si l’on pourra jamais en retrouver le chemin de sortie. Après trois parcours différents et chaotiques dans un vieux fourgon russe (comme on voit dans la taïga sibérienne), équipé d’essieux impressionnants qui semblent indestructibles et qui permettent de passer dans n’importe quelle fondrière ou sur des troncs couchés en travers du chemin, je vois avec soulagement se dessiner un horizon que je reconnais et un vrai chemin bien damé. Je peux alors me rapprocher du petit volet qui laisse passer un filet d’air sans me cogner à tout moment contre lui : je respire enfin ! Avec tous les gaz d’échappement qui remontent dans la cabine, à l’arrière où je me trouve, je suis au bord de l’asphyxie ! Etrange paradoxe pour une équipée dans la réserve de la biosphère…

 

De l'autre côté de la grande tourbière, 31 mai 2014 © Thierry Girard

De l’autre côté de la grande tourbière, 31 mai 2014 © Thierry Girard

De l'autre côté de la grande tourbière, 31 mai 2014 © Thierry Girard

De l’autre côté de la grande tourbière, 31 mai 2014 © Thierry Girard

 

De cette longue journée à travers la forêt (dernier jour de travail), je n’ai pas tiré grand chose. Spécialiste des paysages naturels, certes, certes… Mes pensées étaient ailleurs, vers les portraits que je n’avais pas pu faire ou ceux que j’avais pu “sauver“ ce matin, par chance, juste en partant, alors que nous traversions Rozhno, un hameau en lisière de la forêt : une femme devant sa porte, un vieux couple dans son jardin, et surtout, le dernier portrait, celui d’une femme portant un sweatshirt sur lequel est écrit CCCP ! En fait, au départ, il y avait deux femmes. La plus jeune, qui tenait un petit chien blanc entre ses bras, s’est vexée lorsque Nicolaj l’a blaguée : « T’as l’air d’une pute, comme ça, avec ton jean troué ! ». Elle s’est enfuie vers la forêt en l’injuriant. Restait la seconde, un peu plus âgée, qui avait l’œil humide et le balancement d’une légère ivresse matinale…

 

Anna K., village de Rozhno, 31 mai 2014 © Thierry Girard

Anna K., village de Rozhno, 31 mai 2014 © Thierry Girard

A lire également, mon billet précédent sur la Biélorussie : Back from USSR (ou presque).

Remerciements

Cette résidence en Biélorussie a pu se réaliser grâce au soutien de l’Ambassade de France qui a su trouver le mécénat nécessaire au financement du projet et qui a organisé la bonne logistique de l’opération (remerciements particuliers à Lise Talbot-Barré et Ina Matsiyenka). J’ai pu bénéficier également du soutien du Parc naturel régional des Vosges du Nord (remerciements à Michaël Weber, son président, et Eric Brua, son directeur, ainsi qu’à Jean-Claude Genot qui est l’interlocuteur privilégié du PNR avec la réserve de Berezinsky. Avec une pensée aussi pour mes soutiens indéfectibles, Pascal Demoulin et Rita Bauer-Jacob).

 

Ce travail fait l’objet d’une première présentation, début juin 2015, au château du Liebfrauenberg à Goersdorf (67) lors d’une réunion internationale des réserves de biosphère transfrontières en Europe.
Les photographies seront exposées ultérieurement à la Maison du parc (la Petite-Pierre, Bas-Rhin) et dans d’autres lieux en Alsace et en Moselle sur le territoire du Pnr.

 

Je ne saurai terminer sans remercier évidemment toutes celles et ceux qui m’ont accueilli, assisté, guidé et conduit pendant ces dix jours passés dans la réserve de Berezinsky : Andrey Prokoshin, le directeur de la réserve, Valery Ivkovich, le chef du département scientifique, Sergey Moroz, le responsable du département tourisme. Et surtout mes chers accompagnateurs et trices d’un jour ou plus : Alena Yatchenia, Anastasia Ryzhkova, Alexander Lukashuk et Youry Bogutski, ainsi que mes chauffeurs, Nicolaj et Vadim. Sans oublier non plus, tous les gens de Berezinsky qui ont accepté d’être photographiés et qui m’ont offert leur hospitalité.

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